Photo de couverture : Gummao, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
En résumé : en Islande, le camping se pratique presque exclusivement sur des terrains aménagés. Compte 15 à 25 € par personne et par nuit, auxquels s'ajoutent la taxe d'hébergement et les extras (électricité, douches, machine à laver). La Camping Card coûte 179 € pour jusqu'à 28 nuits dans plus de 40 campings. Dormir en van ou en camping-car hors d'un camping organisé est interdit par la loi, et la tente n'est tolérée qu'une seule nuit, en terrain non cultivé, dans la limite de trois tentes.
Le camping est le mode d'hébergement le plus logique pour un tour de l'Islande : il coûte une fraction du prix d'un hôtel, il te place au pied des sites, et il s'accorde avec la lumière interminable de l'été islandais.
Mais c'est aussi le pays où la réglementation est la plus mal comprise par les voyageurs francophones. Les photos de vans garés seuls face à un glacier ont créé un malentendu durable : ce qu'elles montrent est, le plus souvent, illégal.
Voici les règles réelles, et les chiffres pour construire ton budget.
Combien coûte une nuit de camping en Islande
| Poste |
Montant |
| Emplacement, par personne et par nuit |
15 à 25 € |
| Taxe d'hébergement, par nuit et par unité |
environ 300 à 600 ISK selon le type d'hébergement |
| Électricité |
en supplément, variable |
| Douche |
souvent payante, par jeton ou minuterie |
| Machine à laver |
en supplément |
| Camping Card, saison complète |
179 € |
Le point important : en Islande, le tarif est par personne, pas par emplacement. Pour un couple, une nuit tourne donc autour de 30 à 50 € avant les extras, ce qui reste très inférieur aux 170 à 220 € d'une chambre d'hôtes ou d'un hôtel trois étoiles.
Sur la taxe d'hébergement, les sources de 2026 ne concordent pas : certaines annoncent 400 ISK par nuit et par unité de camping, d'autres 300 ISK pour les campings et 600 ISK pour les hôtels depuis son rétablissement en janvier 2024. L'ordre de grandeur est celui-là, mais vérifie le montant en vigueur au moment de ton voyage.
Autre réalité à intégrer : la plupart des campings ne sont ouverts que de mai à septembre. Hors de cette fenêtre, l'offre se réduit drastiquement et le camping cesse d'être une stratégie d'hébergement viable.
La Camping Card : rentable ou pas
C'est la question que tout le monde se pose. Voici les termes exacts.
La carte coûte 179 € et donne droit à jusqu'à 28 nuits dans un réseau de plus de 40 campings, dont beaucoup sont situés le long de la route 1, la fameuse Ring Road. Elle est valable pour la saison estivale et expire le 15 septembre. Elle n'est pas remboursable.
Ce qu'elle couvre : une seule unité de camping — un van, un camping-car ou une tente — non transférable d'un véhicule à l'autre, pour deux adultes et jusqu'à quatre enfants de moins de 16 ans. Un troisième adulte paie chaque nuit, et un jeune de 16 ans compte comme un adulte. La durée est plafonnée à quatre nuits consécutives sur un même terrain.
Ce qu'elle ne couvre pas : l'électricité, les douches, les machines à laver et la taxe d'hébergement.
Le calcul est simple. À deux, une nuit coûte environ 30 à 50 €. La carte est donc amortie en quatre à six nuits. Pour un circuit de deux semaines à deux personnes sur la Ring Road, elle est très largement rentable. Pour une personne seule, ou pour un séjour court, ou si ton itinéraire sort du réseau des 40 campings, le calcul devient serré.
Deux précautions. La carte ne réserve pas d'emplacement : un camping affiché complet reste complet. Et vérifie que les terrains de ton itinéraire figurent bien dans le réseau avant d'acheter, surtout si tu prévois les Fjords de l'Ouest ou les Hautes Terres.
Ce qui est vraiment interdit
Les règles viennent de l'Agence islandaise de l'environnement, et elles sont nettes.
En van, camping-car ou caravane : interdit de passer la nuit hors d'un camping organisé ou d'une zone urbaine, sauf accord du propriétaire ou de l'ayant droit du terrain. Il n'y a pas d'exception pour « une seule nuit », ni pour les endroits isolés. C'est le point que la majorité des voyageurs ignore.
En tente : toléré sous conditions strictes. Tu peux monter jusqu'à trois tentes sur un terrain non cultivé, pour une seule nuit, sauf si le propriétaire a affiché un avis contraire. Au-delà de trois tentes, son autorisation est obligatoire. Et quand un camping aménagé existe à proximité, c'est lui qu'il faut utiliser.
Jamais près d'une ferme sans permission. En Islande, une grande partie des terres apparemment vides appartient à quelqu'un.
La conduite hors route est interdite par la loi, sans exception saisonnière autre que les sols gelés et enneigés. Les traces de pneus sur la mousse islandaise mettent des générations à disparaître. Les amendes sont lourdes : les sources évoquent 100 000 ISK par incident et par personne, et un montant de base pouvant partir de 350 000 ISK selon les dégâts, soit de 680 à plus de 2 300 €.
Pour le camping sauvage, les montants annoncés tournent autour de 500 €. Dans tous les cas, l'économie réalisée sur une nuit ne pèse rien face au risque.
Comment se comporter dans un camping islandais
Arrive tôt en haute saison. Les campings ne prennent pas toujours de réservation et fonctionnent au premier arrivé. En juillet, les terrains proches des sites majeurs se remplissent en fin d'après-midi.
Paie à l'accueil ou au gardien qui passe. Beaucoup de petits campings n'ont pas de permanence : un gardien fait sa tournée le soir ou le matin. Garde ta carte bancaire accessible, elle est acceptée presque partout.
Les sanitaires sont un privilège, pas un dû. Sur une partie du réseau, les douches sont payantes et les installations réduites au strict nécessaire. Le Road Book retient d'ailleurs des campings avec douches sur plusieurs étapes consécutives, précisément parce que ce n'est pas systématique.
Ne fais pas tourner le moteur pour chauffer. C'est mal vu, bruyant, et interdit sur plusieurs terrains.
Remporte tes déchets et referme les barrières. Ce sont deux consignes explicites de l'agence environnementale, et la seconde n'est pas symbolique : les barrières retiennent des troupeaux.
Le vent est le vrai danger, pas le froid. Les rafales islandaises détruisent des tentes chaque été. Oriente ta tente, utilise tous les haubans, et si le terrain propose un abri ou un mur, installe-toi derrière.
Consulte la météo et l'état des routes chaque matin sur safetravel.is et road.is avant de décider de ton étape. Un camping atteignable la veille peut devenir inaccessible.
Ce que je retiens pour l'itinéraire
Le camping reste de loin la meilleure équation économique pour un tour de l'île, et c'est le choix que j'ai retenu pour le Road Book Islande en camper van sur 15 jours : une nuit d'hôtel à l'arrivée à Reykjavík, puis treize nuits en camping, sur environ 3 030 km et une période allant de la mi-juin à la fin août.
[TON VÉCU : ton ressenti sur les campings islandais — le niveau de confort réel, un terrain qui t'a marqué en bien ou en mal, la gestion du vent ou de la lumière permanente, et si tu avais pris la Camping Card ou non.]
Pour le reste de la préparation, j'ai détaillé le code de la route islandais, la location d'un van et la monnaie et les paiements dans des articles séparés. Et pour la vue d'ensemble, commence par Road trip en Islande : tout savoir avant de partir.
Tous mes Road Books sont sur atlasduroadtripper.com.
Questions fréquentes
Le camping sauvage est-il autorisé en Islande ?
Non pour les vans, camping-cars et caravanes : la nuit hors d'un camping organisé ou d'une zone urbaine est interdite sans accord du propriétaire. En tente, trois tentes maximum sont tolérées une seule nuit sur un terrain non cultivé, sauf avis contraire affiché.
La Camping Card est-elle rentable ?
À deux, elle s'amortit en quatre à six nuits : oui pour un circuit de deux semaines sur la Ring Road. Seul, sur un séjour court ou sur un itinéraire hors des 40 campings du réseau, le calcul est beaucoup moins favorable.
Combien coûte une nuit de camping en Islande ?
De 15 à 25 € par personne, taxe d'hébergement et extras en plus. Le tarif est par personne, pas par emplacement.
Les campings sont-ils ouverts toute l'année ?
Non, la grande majorité n'ouvre que de mai à septembre. La Camping Card expire d'ailleurs le 15 septembre.
Faut-il réserver son camping ?
Rarement possible, et la Camping Card ne réserve rien. En haute saison, la seule stratégie fiable est d'arriver tôt dans l'après-midi.