Voiture & conduite

Conduire aux États-Unis quand on est français : ce qui surprend vraiment

Conduire aux États-Unis quand on est français : ce qui surprend vraiment

Un carrefour, un stop à quatre voies. J'arrive en même temps qu'une autre voiture. Je la regarde pour croiser le regard du conducteur, ce réflexe qu'on a tous pour savoir qui passe en premier. Sauf qu'il n'y avait personne au volant. Une voiture autonome, sans pilote, arrêtée à son stop comme tout le monde. Je suis resté quelques secondes à me demander sincèrement comment on négocie une priorité avec une machine. C'est probablement le seul moment du voyage où je n'ai pas su quoi faire.

Avril 2024, 22 jours de road trip en boucle de Los Angeles à Los Angeles, à trois, avec notre fils de 13 ans. Autoroutes urbaines, déserts, cols de montagne, pistes en terre : on a traversé à peu près tous les types de conduite possibles aux États-Unis. Honnêtement, le premier kilomètre, j'étais un peu stressé. Sortir de la zone des loueurs de LAX et se retrouver sur une autoroute à plusieurs voies, ça impressionne. Et ensuite, très vite, ça devient un vrai bonheur de conduire.

Les feux sont de l'autre côté du carrefour, et c'est le premier truc qui déroute. En France, on s'arrête juste sous le feu. Aux États-Unis, il est suspendu au-dessus de la chaussée, après l'intersection. Résultat : au début, on a tendance à s'arrêter trop loin ou à chercher le feu du regard. On s'y fait en une journée.

Le stop à quatre voies fonctionne sur un principe simple et remarquablement civilisé : le premier arrivé est le premier reparti. En cas d'arrivée simultanée, la priorité va à celui qui est à droite. Chacun attend son tour, personne ne force le passage. Ça fonctionne parce que tout le monde joue le jeu.

Les limitations sont en miles. Le compteur de la voiture de location les affiche, donc aucun souci en pratique, mais il faut garder en tête l'ordre de grandeur : 65 mph, c'est environ 105 km/h. Les radars existent bel et bien — j'en ai croisé pendant le voyage. Je n'ai jamais été arrêté ni contrôlé par la police, mais ce n'est pas une raison pour prendre ça à la légère. Le régulateur de vitesse, lui, fonctionne exactement comme en France : rien de nouveau à apprendre, et sur les longues lignes droites, il devient vite le meilleur ami du conducteur.

Pas encore de guide pour cette destination.

Voir nos guides par destination

Rouler dans le désert américain reste un plaisir. Les routes sont larges, droites, bien entretenues, et le paysage change en permanence — on est très loin de la corvée que peuvent être certains trajets autoroutiers en Europe. La fatigue se gère par les arrêts : on s'arrêtait énormément, un point de vue, une station-service, une petite ville, un diner. Ça coupe la monotonie, ça permet à tout le monde de se dégourdir les jambes, et personne n'a jamais senti la fatigue s'installer.

Le vrai point de vigilance dans l'Ouest, c'est d'anticiper les pleins. Les distances entre deux stations-service peuvent être longues, très longues. Notre règle : ne jamais laisser le réservoir descendre sous la moitié en s'engageant sur une portion isolée. Dans le désert, tomber en panne sèche n'est pas un petit incident.

La piste de Monument Valley est l'une des rares portions non goudronnées du voyage : une vingtaine de kilomètres de terre à l'intérieur du parc tribal. Verdict : c'était sympa, et bien moins impressionnant que redouté. On roule au pas, on prend son temps, et c'est comme ça qu'il faut le faire — au milieu des buttes, on s'arrête quand on veut, on admire. La lenteur fait partie de l'expérience. C'est d'ailleurs pour cette piste qu'un SUV avait été choisi plutôt qu'une berline : un véhicule un peu haut rend le trajet nettement plus serein.

Se garer est facile presque partout, sauf dans les grandes villes. Là, ça devient à la fois compliqué et très cher : à Los Angeles, San Francisco ou Las Vegas, le stationnement peut représenter une vraie ligne de budget. Dans les parcs et les petites villes, aucun problème.

Payer à la pompe avec une carte française est un peu plus fastidieux qu'en France. Sur tout le road trip, un seul souci est survenu, mais c'est un point qui bloque beaucoup de voyageurs : les pompes américaines demandent souvent un code postal à cinq chiffres, que les cartes étrangères n'ont pas. La solution est simple : entrer dans la boutique, indiquer au caissier le numéro de la pompe, et payer directement au comptoir, avant de faire le plein ou en laissant une empreinte de carte pour régler le montant exact ensuite. Ça prend deux minutes et ça règle le problème définitivement.

Le conseil numéro un : y aller sans crainte, mais rester respectueux. Les Américains sont très cool au volant. On klaxonne peu, on s'énerve rarement, on laisse passer, on respecte les règles. La conduite y est beaucoup plus détendue qu'en France, et c'est justement ce qui rend le road trip agréable. En adoptant le même état d'esprit, sans forcer les priorités ni chercher à rouler plus vite que tout le monde, le premier kilomètre fait peur — et les 5 000 suivants sont un plaisir.

Et si l'envie est de rejoindre la Californie par la route mythique, le guide Route 66 en 22 jours emmène de Chicago jusqu'au Pacifique, étape par étape.

Pas encore de guide pour cette destination.

Voir nos guides par destination
FC
Fabian Cuvelier

Plus de 30 000 km parcourus en road trip, tous voyages confondus, voiture et moto. En savoir plus →