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Se garer en Italie : que signifient les lignes bleues, blanches et jaunes

Se garer en Italie : que signifient les lignes bleues, blanches et jaunes

Je prépare mon premier road trip en Italie, et après avoir passé des heures sur les ZTL, je me suis attaqué au deuxième piège du voyageur motorisé : le stationnement. Parce qu'une fois qu'on a réussi à ne pas entrer dans une zone à trafic limité, il reste un problème très concret. Où poser la voiture ? Et surtout : est-ce que cette place est gratuite, payante, ou réservée à quelqu'un d'autre ? En Italie, la réponse tient dans une couleur peinte au sol.

Le système est nationale et se retrouve à Rome comme dans le plus petit village de Toscane : un marquage blanc signale un stationnement gratuit, un marquage bleu un stationnement payant, un marquage jaune une place réservée où il ne faut jamais se garer, un marquage rose une place réservée aux femmes enceintes et aux parents d'un enfant de moins de deux ans, et un double marquage jaune et bleu un usage mixte, payant ou libre en journée puis réservé aux riverains la nuit. Ce qui change d'une commune à l'autre, ce sont les horaires et les tarifs — dans tous les cas, c'est le panneau vertical à côté de la place qui fait foi, pas seulement la couleur au sol.

Les lignes blanches sont la bonne nouvelle quand on en aperçoit : la place est en principe gratuite. Deux restrictions reviennent souvent. La mention « solo residenti », indiquée sur le panneau vertical et pas au sol, signifie que la place est réservée aux riverains — le mot italien à retenir est simplement residenti. Et beaucoup de places blanches sont limitées à 30 ou 60 minutes, avec obligation d'afficher son heure d'arrivée grâce à un disco orario, le disque de stationnement, exactement le même principe qu'en zone bleue française : le disque européen fonctionne parfaitement. Autant garder un disque de stationnement dans la boîte à gants dès le premier jour, ça coûte quelques euros et ça évite une amende bête.

Les lignes bleues sont le marquage le plus fréquent dans les centres-villes et les zones touristiques. Côté tarifs, compte généralement entre 1 et 3 € de l'heure en centre-ville, moins dans les petites communes, et plutôt 2 à 4 € de l'heure pour un parking couvert, ou 15 à 30 € la journée dans les grandes villes. Pour payer, trois solutions : l'horodateur, qui accepte les pièces et de plus en plus souvent la carte bancaire, les applications comme EasyPark ou myCicero qui couvrent la majorité des zones payantes, et parfois les bureaux de tabac, les tabacchi, qui vendent des cartes prépayées. Le ticket doit toujours être visible derrière le pare-brise, bien lisible depuis l'extérieur : c'est une cause classique de verbalisation alors même que le stationnement a été payé. Deux mots italiens à connaître sur le panneau : feriali désigne les jours ouvrés, festivi les dimanches et jours fériés. De nombreuses communes rendent le stationnement gratuit le dimanche et en soirée, mais ce n'est jamais automatique — seul le panneau tranche.

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Les lignes jaunes signalent une place réservée à une catégorie précise, autorisée par la mairie : résidents, livraisons, véhicules municipaux, personnes handicapées ou bornes de recharge électrique selon les communes. La règle est simple : si c'est jaune, on passe son chemin. Une exception utile pour qui voyage avec une personne handicapée : avec la carte européenne de stationnement, la loi italienne autorise, lorsque toutes les places jaunes réservées sont occupées, à se garer gratuitement sur les places bleues normalement payantes, à condition d'exposer la carte bien en évidence. Dans certaines villes comme Turin, un double marquage jaune et bleu indique un usage partagé : la place est payante ou libre en journée, puis réservée aux riverains la nuit, par exemple à partir de 19h30 — là encore, seul le panneau donne les horaires exacts.

Les lignes roses sont une subtilité récente que peu de guides mentionnent. Depuis la réforme du code de la route italien entrée en vigueur en novembre 2021, les stalli rosa sont officiellement réservés aux femmes enceintes et aux parents d'un enfant de moins de deux ans. Mais il ne suffit pas d'être dans cette situation : il faut détenir un permis rosa, délivré par la commune de résidence sur présentation d'un certificat médical ou de l'état civil de l'enfant. Autrement dit, en tant que touriste étranger, impossible d'en bénéficier — et l'amende pour occupation sans autorisation va de 87 à 344 €.

Le sol ne dit pas tout : avant de quitter la voiture, surtout pour la nuit, mieux vaut lever les yeux vers les panneaux. Un panneau représentant un balai, accompagné d'un jour de la semaine et d'une plage horaire, signifie que la rue est nettoyée à ce moment-là — une voiture restée sur place part à la fourrière, l'un des scénarios les plus coûteux et les plus fréquents pour les visiteurs. Certaines places de stationnement se transforment aussi en marché un jour donné, avec la même conséquence. Et une place peut être parfaitement légale tout en étant située à l'intérieur d'une zone à trafic limité : pas d'amende de stationnement dans ce cas, mais une amende pour y être entré — un sujet à part entière, déjà détaillé dans l'article sur les ZTL en Italie.

Ma stratégie pour ce road trip italien tient en une phrase : ne pas rentrer dans les centres historiques en voiture. Concrètement, je vise les parcheggi di scambio, les parkings relais situés en périphérie, systématiquement hors des ZTL et reliés au centre par tram, métro ou navette. On en trouve dans toutes les grandes villes et dans beaucoup de chefs-lieux de province, ils coûtent nettement moins cher que les parkings du centre et ils suppriment d'un coup le risque de ZTL. Mes trois autres réflexes : repérer le parking la veille sur une carte plutôt que d'improviser en arrivant, garder de la monnaie car les horodateurs des petites communes n'acceptent pas toujours la carte, et installer une application de paiement avant le départ pour ne pas avoir à créer un compte sous la pluie devant un horodateur en panne.

Si l'itinéraire passe par la Toscane, où les centres historiques sont presque tous fermés à la circulation, cette question du stationnement conditionne toute l'organisation quotidienne : le guide Au cœur de la Toscane détaille les étapes et les points de chute pratiques pour ne pas perdre une heure par ville à chercher une place.

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Fabian Cuvelier

Plus de 30 000 km parcourus en road trip, tous voyages confondus, voiture et moto. En savoir plus →